Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 03:06

                Ces deux dernières semaines ne furent rien d’autres que la confirmation de l’impression que je ressentais déjà en écrivant le précédent article. Que le temps passe rapidement ici à Séville!

                Pourtant, nul doute qu’ici l’horloge s’est arrêtée de tourner à un moment donné tant chaque sortie dans le centre-ville semble être un véritable voyage dans le passé.  Les rues sont couvertes de pavés rongés par le fer des chevaux, les talons des belles espagnoles et les rayons brulant du soleil. En suivant ces pavés, on arrive facilement devant la cathédrale et là, la Giralda, nous rappel la responsabilité historique de la ville. Chaque passage devant cette tour immense est l’occasion de ralentir le pas pour s’enivrer du vertige qu’elle provoque et en fermant les yeux, l’odeur des orangers et des chevaux nous ramènent directement plusieurs siècles en arrière. Mais nul besoin de remonter si loin dans le temps car en gardant nos paupières grandes ouvertes, c’est un petit voyage dans la France des années 1960 que nous offre la population du centre-ville. Endimanchés tous les jours de la semaine, la jeunesse espagnole est vêtue de pantalon de velours tenus par des bretelles qui recouvrent une chemise à carreaux, encore dénuée d’esprit critique, cette génération est fière de posséder les mêmes habits que leurs parents. Mais l’Espagne est un pays de contraste. Il n’est donc pas forcément surprenant de voir des jeunes adolescents sortir en bande de douze ou quinze les soirs du week-end, affublés de coupes de cheveux absentes dans les catalogues de coiffeurs et portant des vêtements pour le moins surprenant…

                La vie à Séville à cela de bien qu’elle nous ramène clairement aux choses essentielles de la vie. Obligés de se priver d’eau chaude pendant trois jours car la bouteille de gaz est vide, il nous faut attendre le passage du vendeur de gaz dans la rue le lundi matin pour espérer prendre une douche chaude ou cuisiner un plat de pate. Mais rien de bien grave, il parait que les douches froides sont bonnes pour la peau. Et puis cette ville nous permet chaque jour de faire de nouvelles rencontres, de nouvelles connaissances et peut-être de nouveaux futurs amis. Des personnes avec lesquelles passer des soirées entières à refaire le monde, sur les marches de la cathédrale, est un vrai plaisir. A la fois rassurant et excitant de partager, pour beaucoup, les mêmes repères culturelles malgré les quelques divergences qui pimentent ces rencontres. Excitant et passionnant également les soirées, voire les nuits, autour d’une table, sur la banquette d’un pub irlandais, sur les quais du Guadalquivir ou au comptoir d’un bar à parler à une personne comme si on se connaissait depuis toujours.  Je ne sais s’il s’agit « l’ambiance Erasmus » qui déteint sur chacun d’entre nous ou si le mercure du thermomètre et la chaleur des habitants locaux transforment la personne la plus timide en lui donnant confiance en lui comme jamais auparavant.

                En tous cas, ce n’est pas la météo capricieuse de ces derniers jours qui risque de contrarier la bonne humeur qui est de rigueur quand on a 21 ans (oui je sais bientôt 22…) et qu’on étudie en Espagne du mois de Février au mois de Juillet. Encore trois jours de cours cette semaine et la ville sera l’attention du pays tout entier. L’excitation monte petit à petit dans les rues de Séville, la semaine sainte va regrouper des centaines de milliers de personnes – fidèles ou curieux – et sa préparation ne doit pas être laissé au hasard. Semaine évidemment banalisée pour les étudiants que nous sommes. Il n’en fallait pas plus pour programmer des voyages loin de la seule Andalousie où la folie de la Semana Santa rend invivable la quasi-totalité de Séville. Ce sera donc certainement un récit de 4 jours au Portugal que fera l’objet mon futur article, l’absence de passeport m’empêchant de me rendre sur les terres Marocaines.

Merci à Christophe pour les photos.

Par Olivier Dragoni
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